Depuis la semaine dernière un débat fait rage sur la blogosphère américaine concernant le potentiel réel du service de stockage cloud DropBox. L’investisseur Bill Gurley (Benchmark Capital) écrivait sur son blog un post dans lequel il expliquait que DropBox n’était pas qu’une simple fonctionnalité mais bien une innovation majeure, faisant ainsi écho à une remarque de Steve Jobs qui, après s’être vu refusé sa proposition de rachat de DropBox, avait dit “Dropbox is a feature not a product”.
Bill Gurley explique ainsi pourquoi son fond d’investissement a participé à la levée de 250 millions de dollars de DropBox, valorisant ainsi la startup américaine à près de 4 milliards de dollars. Sachant qu’un tel fond d’investissement table sur un retour X10, il estime que DropBox a ainsi le potentiel d’une entreprise valant 40 milliards de dollars.
L’argument principal de Bill Gurley est que DropBox a réussi à résoudre un véritable problème, celui de la synchronisation des fichiers. De nombreuses solutions existaient déjà sur ce segment mais personne n’avait réussi à proposer un service assez efficace pour résoudre ce problème, pas même des géants comme Apple ou Microsoft qui pourtant s’y étaient attaqués. Mais il ne s’agit en réalité que de la pointe de l’iceberg, de leur stratégie d’approche d’un problème beaucoup plus gros: celui de la synchronisations de toutes les données entre terminaux.
La vision a long terme de DropBox est de pouvoir offrir à l’utilisateur la synchronisation de toutes ses données sur toutes ses plateformes et terminaux d’accès: ordinateur personnel, professionnel, téléphone, tablette, télévision etc… Non seulement un utilisateur aurait accès à tous ses fichiers où qu’il se trouve mais il pourrait emmener avec lui toute la configuration de son espace de travail (je pars du bureau avec tel et tel logiciel ouverts, les fenêtres disposées de telle façons avec tels onglets ouverts dans mon navigateur et lorsque j’arrive chez moi et que j’allume mon ordinateur personnel je retrouve exactement cette configuration).
Un tel service aurait une utilité indiscutable, beaucoup de particuliers et d’entreprises seraient prêts à payer pour disposer d’un tel produit surtout avec la multiplication des terminaux connectés. L’investisseur pense ainsi que cette vision à long terme justifie la possibilité d’une valorisation à plus de 40 milliards de dollars.
Grâce à son entrée réussie sur cette première étape que constitue la synchronisation des fichiers (DropBox compte plus de 50 millions d’utilisateurs) la startup américaine est positionnée parmi les favoris pour réaliser cette vision de plateforme de synchronisation universelle. La concurrence principale vient bien évidemment des Apple, Google et Microsoft mais possédant chacun leur propre plateforme (mac, iOS, Android et windows) les chances que ces géants proposent une belle solution cross-plateformes sont très faibles (qui imaginerait qu’Apple puisse proposer une solution efficace de synchronisation fonctionnant sous Windows et Android?).
Mais de nombreuses voix moquent cette vision:
Mais ce qui est intéressant avec ce débat ce sont non seulement les questions qui se posent sur le futur du service et son potentiel mais surtout les problématiques de synchronisation des fichiers et des environnements qui se font de plus en plus sentir.
Avec la multiplication des terminaux (pc, portables, tablettes, téléviseurs…) et la différence qui s’estompe entre notre lieu de travail et nos lieux de vie (on travaille de plus en plus connecté de chez soi) ce besoin de synchronisation s’étend bien au delà des fichiers.
L’avenir se situe définitivement dans le cloud, il n’y a aucun doute la dessus. Pour l’instant les solutions existent dans des verticaux: pour accéder à ma musique d’où je veux j’ai spotify, pour accéder à mes fichiers DropBox, pour mes photos ICloud, pour mon navigateur l’outil de synchronisation de Chrome etc… Mais la multiplication des solutions est-elle viable à long terme? Le marché a-t-il besoin d’une plateforme dominante qui permettra à l’utilisateur de centraliser tous ces besoins de synchronisation? Le timing est-il le bon ou bien sommes nous encore à 10 ans d’une telle solution? Si vous avez des réponses…
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