[Nous nous faisons fort, chez WeLoveSaaS.com, de vous présenter tout l'écosystème SaaS. Clairement, les éditeurs et les utilisateurs des solutions logicielles SaaS b2b. Mais il existe également d'autres types d'acteurs dans la "chaîne" permettant, in fine, aux entreprises de gagner en efficacité grâce au SaaS. Et c'est l'un de ces acteurs, un intégrateur de solutions SaaS, que nous rencontrons aujourd'hui.]
Bonjour Franck Boulanger ! Vous êtes le co-fondateur, avec Brendan Weight, d’Akoba Solutions, un intégrateur spécialiste des solutions de gestion en SaaS, à destination des TPE/PME. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre histoire et votre métier ?
La société Akoba Solutions a été créée en 2004 à l’époque de l’émergence du modèle ASP (Application Service Provider).
Notre métier était – et est toujours – la distribution, formation et intégration de solutions de gestion SaaS à destination des TPE et PME. Nous sommes un pure player du SaaS.
En 2004, nous avions présenti ce modèle comme une révolution pour les TPE et PME à la fois sur le plan économique mais aussi fonctionnel. Les entreprises allaient enfin pouvoir bénéficier de solutions applicatives avec les mêmes niveaux d’exigence des grands groupes (disponibilité, sécurité, mobilité, évolutivité) sans investir lourdement en ressources matérielles ou humaines. Je dois reconnaître que notre entourage professionnel (mis à part nos partenaires) ne croyait pas en nous.
A l’époque il fallait encore évangéliser ce modèle mais au fil du temps le SaaS est devenu un standard et aujourd’hui nous sommes contactés par des entreprises pour notre expertise sur ce domaine.
L’arrivée du SaaS a semblé envoyer le message suivant aux entreprises : « vous allez pouvoir gérer toutes seules votre informatique ! ». Qu’en est-il réellement ?
De mon point de vue c’est un des grands atouts des solutions SaaS, et une réalité. Notre cahier des charges pour la sélection de nos partenaires intègre justement cette notion : permettre à un utilisateur fonctionnel d’être totalement autonome sur l’utilisation et le paramétrage de sa solution une fois formé.
En revanche, pour certains besoins avancés comme l’intégration d’une solution avec d’autres systèmes de l’entreprise, nous pouvons intervenir.
Vous avez choisi de vous spécialiser sur quelques solutions… Que vous évoque la multiplication presque frénétique du nombre de solutions SaaS, aujourd’hui, de plus en plus verticalisées ou « de niche » ?
Il est effectivement très difficile de suivre l’évolution du marché et l’arrivée de nouvelles solutions. Nous avons fait le choix pour le moment de ne distribuer qu’une seule offre par domaine d’activité et de ne pas adresser d’offres verticales car nous souhaitons être des experts sur nos offres et toucher le plus d’entreprises possible… rentabilité oblige. Nous n’avons pas vocation à devenir un catalogue de solutions. Monter en compétence sur une solution pour répondre correctement aux besoins de nos clients demande beaucoup d’investissement temps et humain.
Certes, les solutions SaaS se développent de manière exponentielle, mais il est très difficile pour un éditeur d’offrir richesse fonctionnelle et évolution permanente, disponibilité et sécurité tout en garantissant la pérennité de leur entreprise. Je pense donc que les mois et les années vont épurer ce marché au fil de l’eau.
Quelles sont les craintes de vos clients face au SaaS ? Leurs premières objections ?
Aujourd’hui la principale crainte reste la sécurité mais le niveau d’exigence reste différent en fonction de la typologie d’entreprise. Une TPE ou PME sait pertinemment qu’elle ne peut pas accéder seule à autant de mobilité, de disponibilité et de sécurité en installant une solution sur ses serveurs… quand elle en a.
L’abonnement peut également faire peur car les entreprises ont souvent tendance à additionner les montants mensuels sur la durée du contrat. C’est une façon de voir, mais la nôtre c’est de ramener cet abonnement mensuel au coût mensuel chargé du salarié. Le montant de l’abonnement ne représente alors plus rien face à la masse salariale – alors que la valeur ajoutée de la solution est censée augmenter sa productivité et la valeur de l’entreprise.
Quoiqu’il en soit le débat se porte maintenant essentiellement sur les fonctionnalités des solutions. De plus nous ne cherchons plus à convaincre nos clients de la pertinence du modèle SaaS. Pour nous, ceux qui ne sont pas convaincus sont soit des cas exceptionnels auxquels le cloud n’apporte pas de vraie réponse, soit des entreprises qui ne souhaitent pas innover et suivre l’évolution naturelle de la technologie.
Sans accompagnement d’un acteur « intégrateur » tel que vous, que risque une TPE/PME ? Y-a-t’il quelques erreurs « classiques » à éviter coûte que coûte ?
Honnêtement, le SaaS ne change rien aux risques d’échec de mise en place d’un projet informatique sauf le choix du matériel car le SaaS se doit d’être indépendant des devices : un simple navigateur permet d’accéder aux solutions.
Les deux erreurs principales à mes yeux sont :
Notre prestation de services intègre une étape importante de formation mais aussi la modélisation des modes opératoires d’utilisation de la solution dans l’organisation.
L’arrivée de « grosses » places de marché (Salesforce, Google Apps for Business, Azure, …) signifie-t-elle la fin des besoins d’intégration ? Ou un travail « différent » ?
Non bien au contraire. Maintenant que le SaaS est une notion intégrée par les entreprises, la multiplication des solutions va forcement entraîner la nécessité qu’elles se parlent entre elles. Pour citer Google, ses API permettent à d’autres éditeurs d’ajouter des fonctionnalités très intéressantes comme la géolocalisation via Google Map pour ne citer que celle ci.
Les SaaS français peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?
J’espère bien ! De toutes nos solutions, seul Google n’est pas un éditeur français.
Vous êtes intégrateur Google Apps. Que penser de Google Drive, pour une petite entreprise ? Fausse bonne idée ?
Google Drive apporte un vrai plus à l’offre complète Google Applications. C’est plutôt à titre individuel que Drive est intéressant. L’entreprise peut bâtir une plateforme documentaire partagée par tous à partir de Google Documents, et Google Drive permet à chaque salarié de sauvegarder dans le cloud les fichiers stockés sur sa machine. Ils sont alors synchronisés en temps réel, l’utilisateur peut les partager avec ses collaborateurs, ou les consulter depuis son smartphone, une tablette ou un navigateur quand et où il le souhaite.
Merci beaucoup Franck Boulanger !
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