Aujourd’hui nous posons quelques questions à Guillaume Besse le fondateur d’entreprise-facile, éditeur de saas spécialisé dans les applications à destination des entrepreneurs/indépendants qui compte plus de 72 000 clients en France.
Bonjour Guillaume, peux tu nous présenter les produits d’entreprise-facile et le parcours qui vous a mené à cette multitude d’applications SaaS spécialisées?
Bonjour Clément, tous nos produits s’adressent aux TPE et PME, et ont pour but d’aider le dirigeant aux différentes phases de sa création d’entreprise :
- la facturation en ligne et la gestion : le bureau virtuel entreprise-facile, et ses versions light ma-facturation et gestion-auto-entrepreneur, ainsi que la notre première application verticale gestion-de-chantier.com
- le business-plan : mon-business-plan.com et ses 200 modèles sectoriels
- la gestion de reporting et d’actionnaires : mes-actionnaires.com
Nous avons ensuite une série de sites ou de services « pro bono », tels que la communauté des entrepreneurs ou mon-incubateur.com.
Cela représente en effet une multitude d’applications : entreprise-facile a été lancée en 2007 et nous avons utilisé la proximité avec le client permise par le web pour faire évoluer les applications dans le sens de la demande. On peut dire que notre gamme de produit a été conçue par les clients ! Ensuite toutes nos applications sont construites sur une base technique commune, ce qui nous permet de lancer rapidement de nouveaux services.
Pourquoi as-tu choisi dés le départ de t’adresser aux entrepreneurs, TPE, indépendants plutôt qu’aux entreprises plus importantes en taille?
L’idée d’entreprise-facile a germé pendant une année sabatique que j’ai prise suite à la vente de mon entreprise précédente. J’investissais alors des petits tickets dans des startups, et ai constaté à cette occasion la difficulté pour le dirigeant à gérer proprement son activité. Les logiciels de gestion à télécharger étaient pour le moins ennuyeux, et le SaaS commençait à se développer aux US. La cible TPE s’est imposée car nous venions du grand compte justement, et avions envie d’être plus près des entrepreneurs, d’où la TPE pour commencer. En outre, lorsqu’on aligne les chiffres, ne serait-ce qu’en France, on se rend compte qu’avec 3 millions de clients potentiels, on peut avoir un impact significatif sur le marché. Au delà des aspects financiers, nous avions une réelle envie d’apporter aux TPE les best practices de gestion et de les aider à réussir.
Penses-tu qu’actuellement le modèle SaaS soit davantage pertinent pour cette cible que pour les grands comptes?
Du point de vue de l’acheteur, le SaaS est un mode d’usage de logiciel qui simplifie bien des choses : accès, tests, installation, maintenance, prix (en général), mais il présente un recul en termes de contrôle, ce qui peut être un problème pour les grands comptes : où sont les données ? qui y accède ? le vendeur est-il solide ? etc. Les critères de décision d’achat chez les grands comptes peuvent être opaques, voire défiant la logique. Chez la TPE, l’acheteur paie souvent avec son propre argent, alors la question principale est « en ai-je pour mon argent ? ».
Du point de vue de l’éditeur je pense que la question à se poser est la suivante : est-ce que je préfère adresser un marché de 200 clients où chaque vente me finance une personne, ou bien un marché de quelques millions de clients où chaque vente me finance une heure de personne chaque mois.
Tu es d’ailleurs sur le marché français du SaaS depuis quelques années maintenant, comment l’as-tu vu évoluer? Et comment se comportera-t-il selon toi dans les années à venir?
Le marché français des logiciels de gestion en SaaS a été plutôt dynamique ces quelques dernières années. Nous avons vu sur notre marché des dizaines de sociétés se créer, faire un peu de presse, durer 6-9 mois et disparaître. Cela continuera, car c’est un marché en apparence sexy avec beaucoup de clients potentiels, mais comme toutes les activités, c’est le goto market qui compte, l’optimisation des coûts de recrutement des clients, et le support client. Le marché a t’il évolué ? Probablement: au lancement nous avions des questions sur l’hébergement, sur la sécurité des données, et puis au fil du temps cette question a disparu. Nous constatons depuis quelques mois une forte augmentation de la taille de nos clients moyens, qui sont désormais autant des PME que des TPE, marque que la confiance dans le modèle SaaS est probablement en forte augmentation. Nous constatons en parallèle une forte augmentation des usages en mobilité, ce qui nous mène à compléter régulièrement notre offre.
Quels sont les développements prévus par entreprise facile pour continuer à surfer sur cette vague? Vous proposez par exemple votre propre « app store » d’applications dédiées aux professionnels, la notion de « plateforme » est-elle importante pour vous?
Effectivement, nous avons récemment lancé un app store de gestion pour répondre aux clients qui souhaitaient encore plus d’interaction de leur outil de gestion avec LinkedIn, Google, DropBox, et autres services tiers. Cet app store répond aussi aux besoins spécifiques des PME, car une fois intégré l’usage devis-factures, elles se rendent compte de l’économie et du gain de productivité obtenu en centralisant tous les services. Ainsi sur notre app store on trouve des apps de gestion de prêts, de gestion des contrats, de gestion de pigistes, etc. L’aspect plateforme et multi-tenant du SaaS apporte ici énormément, car toute application ajoutée sur le store peut être utilisée par l’ensemble des 70.000 entrepreneurs qui accèdent à nos services, et chaque évolution profite à tous.
Qu’avons nous prévu pour le futur ? Tout simplement continuer ce que l’on fait, car cela nous plait ! Aujourd’hui nous passons environ 50% de notre temps de développement sur l’évolution de nos produits existants, et cela inclue l’app store qui devrait s’enrichir d’une application par semaine en moyenne. Nous passons 40% sur des nouveaux produits, et 10% sur des projets personnels, qui ont donné naissance par exemple à open-bp.