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Qu’est que le Cloud computing ? Tentative de définition…

Donner une définition au Cloud Computing n’est pas chose aisée. Ce terme est au coeur de nombreuses controverses, certains pensent que le Cloud computing est une révolution technologique, d’autres que ce terme est complètement galvaudé, un buzzword marketing pour surfer sur un effet de mode lancé par les médias.

Chacun possède d’ailleurs sa vision du Cloud Computing: pour l’utilisateur final c’est la possibilité d’accéder à ses applications et ses données par internet, où qu’il soit et quelque soit son terminal d’accès. Pour un développeur c’est la possibilité d’accéder à des ressources de bande passante, de stockage, de serveur, tout cela de façon flexible, à la demande et en temps réel. A chaque profil son point de vue sur la définition du Cloud Computing.

Ce que l’on sait en revanche c’est que le Cloud Computing n’est ni une idée ni  une technologie fondamentalement nouvelles.

Une des meilleures définitions sur laquelle je suis tombé est celle donnée par Simon Wardley qui compare le Cloud Computing à la révolution industrielle (oui, celle qui s’est déroulée aux 18-19ème siècles). Le problème dans cette recherche de définition est que le Cloud Computing, tout comme la révolution industrielle, n’est un objet, pas une technologie particulière, c’est en réalité une transition.

La révolution industrielle s’est caractérisée par le passage d’une production “individuelle”: de petites artisans qui fabriquaient des biens, à une production de masse: usines, mécanisation… Cette transition a été possible grâce à la convergence de plusieurs facteurs: le timing (l’époque était propice à ce changement), l’arrivée et la maturation de certaines technologies (vapeur, moteur etc…), la pertinence de ce changement dans l’environnement et enfin l’attitude des différents acteurs (consommateurs, producteurs, investisseurs…).

Dans ce sens le Cloud Computing est également une transition qui s’est enclenchée sous l’influence de différents facteurs. Le timing: l’informatique existe depuis des décennies maintenant, le concept même de Cloud Computing était déjà évoqué dans les années 60 mais l’environnement n’était pas prêt. La maturation et l’accès à des technologies propices à ce passage comme celle de la virtualisation des serveurs ou des coûts du hardware qui ne cessent de chuter etc… Le changement d’attitude et des habitudes: les consommateurs qui sont de plus en plus connectés, sur de plus en plus d’appareils différents (ordinateur, téléphone, tablette, télévision etc…), les travailleurs qui veulent avoir accès à leurs données où qu’ils soient, des développeurs qui préfèrent bénéficier d’outils accélérant leur développements etc… Tous ces facteurs expliquent l’avénement ces dernières années du Cloud computing.

L’IT est en pleine transition, le Cloud Computing est ce passage, que de nombreuses autres technologies ont connu, d’une économie de biens à une économie de services. On n’achète plus un serveur physique mais une instance sur Amazon, on n’achète plus un disque dur mais de l’espace de stockage sur Google ou DropBox etc… L’utilisateur n’achète plus un logiciel mais son usage.

Si le Cloud Computing n’est pas un “objet”, pas une “nouvelle technologie” on peut tout de même définir les principes et les mécanismes techniques qui le caractérisent. Les meilleures définitions de ces caractéristiques se trouvent dans deux papiers de références:  Above The Clouds: A Berkeley View of Cloud Computing et The NIST Definition Of Cloud Computing.

Définition du Cloud computing: les mécanismes, les modèles de service et les modèles de déploiement.

Selon le NIST le Cloud Computing peut être défini comme:

Le Cloud computing est un modèle qui permet l’accès flexible, à la demande, n’importe où et à tout moment de ressources informatiques partagées (ressources réseaux, serveurs, de stockage, des services…) qui peuvent être allouées et libérées avec un minimum d’effort.

Le Cloud computing repose sur 5 caractéristiques essentielles:

  • On-demand self-service: l’utilisateur peut allouer et libérer des ressources (du temps de serveur, de l’espace de stockage, de la bande passante) suivant ses propres besoins, de façon automatisée, sans nécessiter d’interaction humaine avec le fournisseurs (via des API par exemple). L’utilisateur ne paye alors que ce qu’il consomme.
  • Broad network access. Les ressources placés sur le Cloud (data, fonctionnalités) sont accessibles en réseau et peuvent être accédées au travers de mécanismes standards (rend possible l’accès sur des terminaux divers comme les téléphones, les ordinateurs, les tablettes…)
  • Resource pooling. Les ressources informatiques (physiques et virtuelles) du fournisseur sont mises en commun pour servir plusieurs clients , elles sont également allouées et libérées dynamiquement suivant la demande. Le client n’a en général ni le contrôle ni la connaissance de l’emplacement exact de ses données et ressources même s’il peut parfois choisir des préférences géographiques (par pays, continent).
  • Rapid elasticity. Les ressources sont allouées et libérées de façon élastique, parfois automatiquement, pour s’adapter rapidement à la demande (ex: lors de pics de trafic). Pour le client cette allocation de ressources apparaît comme illimitée et peut se faire à tout moment.
  • Measured service. L’utilisation de ces ressources peut être surveillée, contrôlée, et signalée, assurant ainsi la transparence à la fois pour le fournisseur et le consommateur.

 

Comme nous l’évoquions, le Cloud est le passage à l’économie de service, on définit 3 modèles de services Cloud: Saas, Paas, Iaas.

  • SaaS (Software as a Service). Comme son nom l’indique il s’agit de logiciels qui sont accessibles en mode service. Au lieu d’installer une application sur son ordinateur, son téléphone etc… l’utilisateur accède à celle-ci soit via le navigateur internet soit via une interface qu’il télécharge (ex: Spotify), accès qu’il obtient gratuitement ou contre un abonnement. Le changement de paradigme est important, ici l’éditeur déploie son application dans le cloud et le client y accède via sa connexion internet. Le client n’a donc pas à installer, mettre à jour ou gérer le fonctionnement et la sécurité du logiciel, toutes ces taches sont effectuées par l’éditeur. Les SaaS sont donc les logiciels qui tournent dans le Cloud et dont le client accède comme à un service.
  • PaaS (Platform as a Service).  Les PaaS sont des services Cloud destinés aux développeurs d’applications qui leurs facilitent le déploiement de leurs applications dans le cloud. Pour construire une application et la rendre accessible à ses clients, le développeur a besoin d’un certains nombre d’outils et de fonctionnalités de base (configurations des serveurs, des bases de données, des services et fonctionnalités etc…). Les PaaS sont les services Cloud qui donnent accès aux développeurs ces briques de bases (libariries, outils et services divers), leur permettant ainsi de se concentrer uniquement sur le développement de leurs applications et de ne pas perdre de temps sur leur déploiement dans le Cloud. (ex de PaaS: Google App engine)
  • IaaS (Infrastructure as a Service). C’est la couche la plus basse des niveaux de services Cloud. Sur les PaaS les développeurs peuvent configurer leur environnement de déploiement mais ils n’ont pas accès aux infrastructures telles que les serveurs, l’espace de stockage, les ressources réseaux. C’est de celles-ci que s’occupent les IaaS. Sur une IaaS l’utilisateur peut définit précisément les serveurs qu’il utilise, l’operating system, le type de stockage etc… Exemple d’IaaS: Amazon et son EC2

 

On peut résumer ces trois niveaux de service Cloud par la fameuse pyramide:

On le voit au travers de ces 3 niveaux de service que le Cloud computing comprend les applications (logiciels) qui sont accessibles comme des services via internet (les Saas) mais aussi les parties hardware et software des data centers (qui sont à proprement parlé le “cloud”) qui rendent possibles l’existence des Saas.

Cloud computing = SaaS + le cloud (PaaS et IaaS)

Enfin il existe 3 types de déploiement de Cloud:

  • Private Cloud. Un cloud privé, l’infrastructure cloud est réservée et utilisée par une seule entité (entreprise, organisation, business unit etc…). Cette infrastructure cloud peut appartenir et être contrôlée par l’entité elle même ou par un tiers spécialisé.
  • Public Cloud. Le cloud public, l’infrastructure cloud est accessible et partagée par plusieurs entités. Exemple: le cloud d’Amazon accessible à tous.
  • Hybrid cloud. L’infrastructure cloud est composé de deux types d’infrastructures (une public et une privée) qui peuvent communiquer entre elles. L’intérêt est par exemple de stocker les données sensibles sur son cloud privée et d’acheter de la puissance de calcul sur le cloud public. Ou encore de faire appel au cloud public lors d’un pic de charge.

Clément Vouillon

co-fondateur at WeLoveSaaS

Intéressé dés 2008 par le modèle SaaS, Clément a co-fondé cette année là edoboard.com une plateforme d’apprentissage disponible 100% en ligne. Après ce premier pied dans le monde du SaaS B2B il est à l’origine de l’aventure WeLoveSaaS avec Guilhem Bertholet.

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